Les chroniques d’une infirmière

Les hauts et les bas d’une garde malade

Yeah! mars 27, 2008

Classé dans : Vie étudiante — gardem @ 11:49

Le dernier examen de la session est désormais du passé! Il ne me reste que deux mois de stages et je suis en vacances! Et après ça, plus que trois chiminis-cours et je l’ai mon foutu bacc!!! 5 ans mes amis. Ça m’aura pris 5 ans!

Je vais donc commencer mes stages mardi, en déficience intellectuelle. Pour être honnête, je ne connais que dalle en la matière. Je sens que je vais m’amuser comme une petite folle! Amenez-en des défis! (dommage que mon 3-4 jours semaine de stage ne soit pas payé… ça ça fait plus mal!)

Je vous en redonne des nouvelles!

 

Conflit de valeurs… mars 25, 2008

Classé dans : Notes au dossier — gardem @ 11:52

Ouh là. J’en ai eu une dure hier soir. Vous savez, à l’école on nous enseigne que l’empathie est une des qualités les plus importantes d’une infirmière. Il faut se mettre à la place de l’autre, comprendre l’autre… Mais là, j’ai pas pu.

Mon patient s’éteignait à petit feu. À l’heure actuelle, je ne sais même pas s’il est encore en vie. Il était carrément dans le coma hier. Il présentait les signes classiques d’une fin de vie: détresse respiratoire, râles terminaux… Une petite injection aurait suffit pour pouvoir soulager sa respiration. Le pauvre homme respirait difficilement. À l’oreille, c’était comme lorsqu’on souffle dans un verre d’eau avec une paille. C’est normal, mais très inconfortable pour la personne. Et moi, j’ai les outils à portée de main pour y remédier et le rendre confortable : un peu de Versed (un anesthésiant qui relaxe), un peu de morphine (petite dose, mais qui fait du bien) et scopolamine (qui liquéfie les sécrétions bronchiques). Le tout administré gentiment en sous-cutané, avec une minuscule aiguille. Comme ça, le patient respire plus librement. Bref, ça urgeait!

Mais non. Je ne lui ai pas donné. Pourquoi? Parce que son fils ne voulait pas. Pourquoi? “Au cas où il se réveillerait… vous savez, la morphine ça endort trop!”.

Je sais que je ne devrais pas juger. Mais je me suis sentie enragée. J’ai été d’une délicatesse extrême malgré tout (professionnalisme le veut). J’ai tout de même tenté à plusieurs reprises d’expliquer mon point de vue, rien n’y a fait. Même si le reste de la famille semblait d’accord avec moi. En fait, ça m’a rendue triste. Pour le pauvre homme étendu dans son lit. J’aurais bien égoïstement lui prodiguer de soins de fin de vie bien doux et je n’ai pas pu. J’aurais aimé savoir ce que le patient aurait voulu pour lui-même! J’ai été confrontée à mon impuissance la plus totale. C’est franchement très dur de se confronter à des valeurs autres que les nôtres! On apprend sur soi!! Je sais bien au fond que le fils refusait tout simplement d’accepter la mort imminente de son père (dans le temps de Pâques en plus…) Mais ça été plus fort que moi, j’ai pompé toute la soirée… D’un autre côté, je suis qui moi pour décider que ma solution est mieux? Ma culture médicale me l’a enseigné, c’est tout…. C’est fou les questionnements que ça peut soulever!

Le plus frustrant dans tout ça, c’est que le doc a accordé un 24h supplémentaire de traitements actif au patient (enfin, au fils), au cas où… moi, à 16h, le patient était déja inconscient… Je m’excuse, mais je trouve très outrant que le médecin n’aie pas eu le courage de dire au fils que ça ne servait à rien. Il n’a fait qu’acheter la paix pour 24h, avivant l’espoir de la famille, en vain.

Disons que ça me fait réaliser à quel point c’est important de faire savoir à nos proches ce qu’on veut vraiment si jamais on n’est plus en mesure de répondre pour nous-même. Et de l’écrire et de le faire notarier! Car une fois dans la situation, qui sait?

Bref, j’ai respecté les volontés de la famille, j’ai fait une tonne de note au dossier pour que rien ne me sois reproché. Que j’en vois un seul me reprocher de ne pas avoir fait ma job! Mais j’ai trouvé ça dur. Dur pour moi, dur pour le patient, dur pour le fils. Un beau paquet de personnes insatisfaites à différents degrés. Moi qui veut donner un médicament au patient, le fils qui me trouve fatigante avec mes offres de morphine aux heures, les autres infirmières qui m’entendent râler dans mon coin, les inhalos qui en reviennent pas et qui me demandent pourquoi je ne donne rien au patient…

Je vous le répète, faites savoir aux vôtres ce que vous voulez! Remplissez un mandat d’inaptitude! Vous ne savez jamais! Un proche qui ne veux pas vous perdre peut vous faire subir (malgré lui, par amour pour vous) des épreuves que ne vous souhaitez pas nécessairement!! Et enclencher des chicanes de familles… mais ça c’est une autre histoire….

Bon, je vais aller préparer mon dernier examen de la session avant mes stages…

C’était ma montée de lait!

 

Ouille mars 18, 2008

Classé dans : Entre deux injections — gardem @ 11:47

Trop de Wii, ça donne mal partout…

MAIS C’EST L’FUN!!!

 

Oh YEAH! mars 14, 2008

Classé dans : Entre deux injections — gardem @ 11:10

Eh oui, j’ai pris de l’âge hier! Pas que j’en sois au stade où ça me dérange… j’approche la trentaine… cool!

Et j’ai eu le cadeau que j’attends avec impatience depuis 1 an et demi… en fait je vais l’avoir demain…

UNE WII!!!

Ben oui, ça approche la trentaine et ça demande encore des consoles de jeux vidéo… pfff… C’est tellement dur à trouver en plus! Ma mère a fait des prouesses. Et je crois qu’elle est plus énervée que moi pour que je l’essaie. Un peu plus pis elle la testait avant de me la donner (n’empêche que je lui ai donné la permission).

Je vous en redonne des nouvelles! Je risque d’avoir mal au bras lundi!!

(by the way, j’attends mes souliers verts!! J’ai gagné mon bid!)

 

En vrac mars 12, 2008

Classé dans : Entre deux injections, Notes au dossier, Vie étudiante — gardem @ 4:40

- Pour ma dernière journée de 26 ans,  j’ai fait un bonhomme de neige avec mon chien (by the way, mon chien que j’avais déjà détestait Lionel alors il est maintenant dans une nouvelle famille….)

- J’ai découvert que la danse sociale, ça scrappe un pédicure…

- Je commence dans un mois des stages en centre de déficience intellectuelle… j’ai super hâte!

- La famille d’une patiente décédée sur mon quart de travail m’a dit que j’étais une vraie douceur. C’est ça ma vraie paye!

- Je commence à être écoeurée de me lever tôt le matin pour aller à des cours où j’ai l’impression de ne rien apprendre…

- Je ne comprends pas le fantasme de l’infirmière… un scrub, ce n’est pas sexy!

- Je retire full impôt!!!!

- J’espère gagner mon bid sur Ebay pour ces sublimes petites chaussures vertes…

- Je ne suis pas allé au gym depuis un mois….

- J’essaie encore d’arrêter de fumer

 

TSO mars 10, 2008

Classé dans : Notes au dossier — gardem @ 12:24

Tso… trois petites lettres qui veulent dire Temps Supplémentaire Obligatoire…

Eh oui, j’y ai eu droit ce samedi… ASTIE QUE J’HAÏS ÇA!!!

Vive les tempêtes de neige…. le monde ne regardent pas la météo, et, oh surprise! Ils ne peuvent pas se rendre au travail parce qu’ils n’ont pas prévu le coup… alors que se passe-t-il? La p’tite garde de soir est pognée pour rester à la job toute la nuit parce qu’il n’y a personne d’autre pour prendre la relève. Merveilleux non?

On dit souvent que les filles de nuit ne foutent rien… FAUX

Il y a de la paperasse à en plus finir. Les patients qui ont a disjoncter le font TOUJOURS la nuit. J’y ai eu droit. Madame fait un cauchemars, se réveille en panique, se demande où elle est, c’est quoi ce foutu tuyau pluggé dans son bras, l’arrache de là, tente de sortir son petit corps de 82 ans du lit et manque de trébucher et de s’étaler de tout son long… (et risque de fracture de hanche et tout le tralala)

Tout ça, en début de quart de travail, alors que mon corps à moi me rappelle gentiment que “Yo pitoune! c’est parce que moi je dors à cette heure là là! C’est quoi l’affaire???”

Et puis l’autre dame qui se plaint sans cesse d’un mal de ventre. Le Dilaudid n’est pas efficace, contrairement à d’habitude. Son ventre ressemble à celui d’une femme enceinte, mais on croit que c’est dû à de l’ascite (je vous expliquerai une autre fois ce que c’est)… Elle ne dort pas, est inconfortable.

Fouillez moi pourquoi j’ai eu le réflexe de vérifier si sa vessie était pleine… faut croire qu’à 4h du mat, mon cerveau fonctionnait encore un peu. Je lui ai fait un bladder scan (une sorte d’échographie visant à savoir le nombre de ml d’urine que contient la vessie)

999 ml… OUCH! Vous savez comment ça fait mal d’avoir envie de pipi… une grosse envie là… une méga envie de pipi…. pis qu’il n’y a pas de toilette….

En fait la dame n’était pas capable d’éliminer normalement. Pourtant, d’habitude elle n’avait pas de problème… Bref, réveille le doc (qui me félicite en passant de mon bon jugement… héhé… si elle me voyait les cernes elle aurait peur!), pose une sonde, vide la vessie…. la dame en sourit de soulagement et s’endort comme un bébé… OUAIS!

À ce point-ci de la nuit, mon corps se demande ce qui se passe et réagit… mal de coeur, j’ai faim, je n’ai pas faim… je tombe dans la lune à rien, je ris comme une débile pour des conneries… Les filles de nuit on adoré leur nuit par contre.. elles m’ont trouvées bien divertissante!

À 7h30, toute ma job était faite (miracle…). Et là attends la relève… qui est en retard à cause de la tempête…. SORTEZ MOI D’ICI AU PLUS SACRANT QUELQU’UN!!

Je finis par sortir…. plus de taxi… c’était comme une mauvaise blague… et dire que je devais rentrer le soir même à 16h… on s’entend que j’ai callé malade….

Je suis arrivée chez moi à 8h45. Me suis couchée à 9h15. Jusqu’à 17h… Me réveille toute fourrée… Me recouche à 23h jusqu’à midi ce matin…

J’ai complètement perdu mon dimanche. Je m’en vais travailler tantôt… j’ai de l’école demain matin à 8h30…

Elle est pas super ma vie???